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L’ENVERS DU JOURNALISME

— Bien, je ne sais pas… Je ne sais trop ce qu’on donne…

— Oui, mais enfin, combien voudriez-vous avoir ?

— Est-ce que vingt dollars ce serait trop ?

— Non, ce ne serait certainement pas trop, mais je ne sais si le « patron » voudra donner ça. Accepteriez-vous dix-huit ?

— Oh ! oui.

— Bon. Je me charge de vous les faire obtenir. Il faut toujours bien payer un peu les hommes. On ne peut pas faire travailler pour rien.

— Je serais satisfait d’entrer à ces conditions. Il doit y avoir moyen de se faire augmenter, plus tard.

— C’est parfait ; venez me voir, chez moi, ce soir. Nous parlerons un peu et je vous dirai quand venir vous mettre à l’ouvrage.

Martin partit fort impressionné.

La perspective du travail nouveau et inconnu auquel il allait se livrer le rendait « tout chose ».

À huit heures précises, il sonnait à la porte du logis d’Hector Dorion. — C’était le nom du city editor.

Dorion vint ouvrir lui-même.

Il fit entrer Martin, l’introduisit dans le salon et l’invita à se mettre à son aise et à causer avec lui à cœur ouvert.

L’invitation réconforta un peu Martin, sans toutefois le mettre très à l’aise. Il répondit du mieux qu’il put aux questions de Dorion et en fit lui-même plusieurs.

Dorion tenait particulièrement à savoir si Martin entendait entrer sans arrière-pensée dans la car-