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L’ENVERS DU JOURNALISME

risquèrent les uns dix cents et les autres vingt-cinq cents, — car les journalistes ne sont pas riches, — la plupart n’osaient se prononcer.

« Quand les résultats vont-ils commencer à arriver », demanda Martin ?

— Oh ! pas avant cinq heures et demie, répondit un reporter.

— Nous aurons d’abord ceux de Québec et des provinces maritimes, dit un autre.

— C’est cela, les provinces maritimes sont en avant de nous pour l’heure.

À cinq heures et vingt, un des télégraphistes annonça : « je crois que nous allons avoir des nouvelles bientôt : on vient d’envoyer sur la ligne le signal de se tenir prêt à recevoir. »

En effet, deux minutes après, le télégraphe annonçait le résultat de l’élection dans un comté de la province de Québec.

Les dépêches se mirent à arriver rapidement et les journalistes cessèrent de causer, tout entiers à leur travail précipité et fébrile.

On criait les noms des comtés, dans la salle, et l’excitation était grande. Les conjectures sur le résultat devenaient plus indécises, à mesure que les nouvelles arrivaient, et les commentaires allaient leur train parmi les groupes d’amis du journal qui avaient envahi la salle.

Les hourras commencèrent et les acclamations du dedans firent bientôt écho aux acclamations des milliers de personnes qui étaient au dehors.

« Un tel est élu par tant de voix de majorité ! »

« Hourra ! Hourra ! »