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L’ENVERS DU JOURNALISME

sur les phrases trop crues, avec un sourire d’amusement et un hochement de tête désapprobateur.

Le service de la bourse était confié à Leblanc, excellent garçon qui se mêlait surtout de ses affaires et qui ne s’occupait de celle de ses camarades que quand il pouvait leur être utile.

Caron faisait les cours civiles et renseignait consciencieusement les lecteurs du journal sur ce qui se passait dans le temple de la chicane. Entretemps, il prenait part à toutes les petites intrigues ourdies entre camarades contre d’autres camarades et il travaillait à demeurer ami avec ceux contre lesquels il intriguait.

Collin et Dupuis faisaient, l’un le service des chemins de fer et des hôtels, et l’autre celui de la navigation. Ils étaient tous deux de gais compères et n’aimaient rien tant que de jouer des tours, généralement inoffensifs, à leurs compagnons de travail.

Puis il y avait Dugas, le reporter de la morgue et des hôpitaux, dont le service quasi-funèbre ne parvenait pas à attrister le caractère. Il avait certainement, au cours de sa carrière, vu plus de cadavres qu’aucun entrepreneur de pompes funèbres, — sans que sa digestion en souffrît.

Targut était un Français de France. Il avait fait du théâtre, puis sa santé chancelante l’empêchant de continuer, il était venu au journal, où il achevait de mourir de la poitrine. Il n’avait pas de service particulier et il faisait un peu de tout : comptes rendus de réunions diverses, entrevues avec celui-ci ou celui-là, et le reste…