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L’ENVERS DU JOURNALISME

au-dessus des débris des murs et du plafond. Elle était debout sur ses roues, qui n’avaient pas ébranlé le plancher de la salle. Elle avait seule passé par la brèche du mur, par laquelle on apercevait un coin du ciel et les toits des maisons voisines. Le fourgon avait défoncé le plancher de la pièce voisine, ébranlé par le passage de la locomotive, et il m’avait pas pénétré dans la salle.

La colonne de pierre qui avait arrêté l’élan de l’énorme machine avait culbuté par terre et le chapiteau, qui mesurait dix pieds de tour et qui pesait plusieurs tonnes, reposait à côté de la locomotive. Le plafond, privé d’un de ses supports, avait baissé de plusieurs pouces sous le poids des dix étages supérieurs de l’édifice. On avait fait évacuer tous les étages supérieurs de cette partie de la gare, mais les badauds, les policiers et les journalistes étaient demeurés sous le plafond, qui devenait d’heure en heure plut convexe.

Un policier qui connaissait Martin passa. Il le héla et lui demanda la permission d’aller plus loin. Le policier le lui permit, mais lui recommanda de s’éloigner assez vite pour que les officiers de la compagnie ne le vissent pas et pour que les policiers qui faisaient du zèle pour obtenir une gratification de la compagnie ne le renvoyassent pas au delà des câbles.

Il s’approcha de la locomotive, cherchant à deviner si quelque malheureux ne se trouvait pas sous les briques, les pierres et la chaux qui ensevelissaient les roues jusqu’aux essieux.

Un agent venait vers lui. Il s’éloigna et se di-