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L’ENVERS DU JOURNALISME

pourrait jamais sortir et où la lumière du jour ne pénétrerait jamais. Il n’y avait ni fossés, ni clôtures, ni rien ; c’était une nuit enveloppante, où l’on était absolument perdu.

Martin se demandait comment le cocher pouvait conduire sa voiture et celui-ci lui apprit qu’il ne voyait rien et que le cheval allait à sa guise.

Une lueur apparut et le cocher dit qu’il pensait que c’était là.

Martin descendit dans la boue, alluma quelques allumettes, pour ne pas aller se jeter dans un fossé, et se dirigea vers la maison. Comme il montait le perron, toutes les lumières s’éteignirent. Il se rendit quand même, à tâtons, vers la porte, et il frappa.

Les lumières se rallumèrent aussitôt et on vint lui ouvrir, en lui expliquant que la famille venait de se coucher. Il s’excusa d’avoir fait lever les dormeurs et leur parla de ce qui l’amenait. Ils répondirent à toutes ses questions et il repartit enchanté, avec un superbe « scoop ».

Il retrouva son cocher comme il put, dans l’obscurité, et il prit le chemin de l’hôtel, où étaient descendus des représentants de plusieurs autres journaux.

Personne ne questionna Martin, qui garda le secret de sa visite nocturne.

Il dilua l’histoire de cette visite dans plusieurs colonnes de copie verbeuse, le lendemain, puis, la conscience satisfaite, il alla chez le chef de police de l’endroit.