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NOËLS ANCIENS

lence du contraste, l’écrasante supériorité de nos cantiques modernes sur la chanson vulgaire des quinzième et seizième siècles. À cette époque, la trivialité est malheureusement la caractéristique du langage français. Certains mots propres — qui ne l’étaient pas du tout — quotidiennement usités dans la conversation, ne choquaient personne, bien que leur crudité, révoltante pour notre bon goût, bravât l’honnêteté encore plus que le latin. Aussi, les Poésies chrétiennes de Pellegrin — les médiocres même — paraissent-elles éminemment distinguées par la noblesse du sentiment et de l’expression, si, comme je l’ai fait, on les rapproche immédiatement du texte des chansons profanes, des noëls populaires qu’elles ont judicieusement relégués dans un oubli aussi convenable que mérité.


Un sonnet sans défaut vaut seul un long poème,


a dit Boileau. Je crois que l’on pourrait soutenir la même prétention littéraire en faveur du noël religieux. Monsieur Benjamin Sulte réclamait en ce sens dès 1891 : « Je demande que l’on fasse des cantiques d’après la bonne musique en vogue de nos jours, et j’attends des poètes qui sauront écrire des strophes convenables. Ah ! ne vous vantez pas, mes confrères ; composer un cantique valant la peine est une œuvre qui mérite considération. »

J’ai dit que l’abbé Pellegrin composa la majorité de ses Noëls nouveaux — 93 sur 176 — sur des chants de noëls populaires. Il écrivit le reste — 73 en tout — sur la musique des vaudevilles et des airs d’opéras du dix-septième siècle. Leur nombre, sinon leur qualité, excellente pour plusieurs d’entre eux, mérite bien qu’on s’en occupe. Aussi, ai-je cru devoir préparer la liste des airs d’opéras et de vaudevilles sur la musique desquels Pellegrin fit chanter ces soixante-treize Noëls nouveaux. Ce travail se réduit, en apparence, à une aride nomenclature, aussi fastidieuse à lire peut-être qu’ennuyeuse et