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NOËLS ANCIENS

quelque chose d’absolument inédit en littérature. Tout le mérite repose maintenant dans le bonheur de l’expression, plus ou moins neuve, plus ou moins géniale. Bien avant l’an de grâce 1750, bien avant Fléchier, ils étaient légion ceux-là qui avaient dit, écrit, chanté, dans toutes les langues vivantes du Christianisme, « que les splendeurs accumulées des palais des rois de la terre n’avaient rien de comparable aux beautés mystiques de l’étable de Béthléem. » Et avant eux, à trois ou quatre siècles d’antériorité, une prose célèbre de la liturgie, le magistral Votis Pater annuit, chantait à l’Enfant-Dieu, aux vêpres solennelles de Noël :

Cœlum cui regia
Stabulum non respuis ;
Qui donas imperia
Servi formam induis :
Sic teris superbiam
.


« Toi qui as le ciel pour royaume, Tu ne dédaignes pas une étable ; Toi qui donnes les empires, Tu revêts la forme de l’esclave : ainsi Tu écrases l’orgueil. »

De cette grandiose antithèse naquit cette idée très belle, très juste du cantique de Fléchier, que l’on retrouve, traduite avec une rare élégance dans le Christmas carol de M. Henry Farnie, mais qui n’en est pas moins connue de tous et commune à tous.

Quant aux deux autres strophes de la pastorale anglaise, elles me paraissent absolument originales et, conséquemment, étrangères à toute réminiscence, immédiate ou lointaine, des pensées et des sentiments exprimés dans les quatre autres couplets du noël français.

Monsieur Edward A. Bishop, l’organiste distingué de la cathédrale anglicane, m’a gracieusement transmis un exemplaire du noël de Gounod avec copie de la pastorale. Je lui suis très reconnaissant de cet acte de courtoisie.

Voici les deux autres strophes du Christmas carol :