Page:Myrand - Noëls anciens de la Nouvelle-France, 1899.djvu/170

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
170
NOËLS ANCIENS

Rappelons-nous le second acte de l’une des plus belles tragédies de Shakespeare. La scène se passe dans le jardin de Capulet. Roméo se désespère de s’appeler Montaigu. Que va lui répondre Juliette ? — « Il n’y a que ton nom qui soit mon ennemi. » Puis elle ajoute :

What’s in a name ? That which we call a rose,
xBy any other name would smell as sweet ;
xSo Romeo would, were he not Romeo call’d,
xRetain that dear perfection which he owes
xWithout that title
.”


« Qu’y a-t-il dans un nom ? Ce que nous appelons une rose, sous tout autre nom exhalerait un parfum aussi suave. Ainsi Roméo, ne se nommât-il plus Roméo, garderait, en perdant ce nom, toutes ses perfections aimables. »

Ce passage du grand dramaturge anglais ne vous convainc-t-il pas mieux que toute autre bonne raison, et n’est-il point parfaitement inutile de s’arrêter davantage à rechercher si la mélodie qui nous intéresse est de Mozart ou de Nägeli ?