Page:NRF 11.djvu/256

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


250 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

supporté de la voir à un autre... Après cet abominable forfait, Jean-Salvador de Lorraine, fils de Marie-Antoi- nette grande duchesse de Toscane, quittait la cour de son parent, l'empereur François-Joseph. Se sachant découvert à Vienne, il allait se dénoncer au pape, l'implorer, le fléchir. Il obtint le pardon. Mais sous prétexte de péni- tence, Monaco — le cardinal Monaco-la- Valette — l'enferma dans le Château Saint-Ange où il gémit depuis trois ans.

Le chanoine avait débité tout cela d'une voix à peu près égale ; il prit un temps, puis, avec un petit appel du pied :

— C'est lui que Monaco a établi geôlier en chef de Léon XIIL

— Eh ! quoi ! le cardinal ! s'écria la comtesse ; un cardinal peut-il donc être franc-maçon ?

— Hélas 1 dit le chanoine pensivement, la Loge a fortement entamé l'Eglise. Vous pensez bien. Madame la comtesse, que si l'Eglise avait mieux su se défendre elle-même, rien de tout cela ne serait arrivé. La Loge n'a pu se saisir de la personne de notre Saint Père qu'avec la connivence de quelques compagnons très haut placés.

— Mais c'est affreux !

— Que vous dire de plus. Madame la comtesse ? Jean- Salvador croyait être prisonnier de l'Eglise, quand il l'était des franc-maçons. Il ne consent à travailler aujourd'hui à l'élargissement de notre Saint Père que si on lui permet du même coup de s'enfuir lui-même ; et il ne peut s'en- fuir que très loin, dans un pays d'où l'extradition n'est pas possible. Il exige deux cent mille francs.

A ces mots Valentine de Saint-Prix, qui depuis quel-

�� �