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NOTES 781

Qu'unit la bûche ardente au IriJle de Taverse, Songer qu'un maigre cœur dans les pleurs et les cris Se satisfait, qu'en peu de cendre il se disperse Comme un tison chenu, de souvenirs transi...

Ce même voluptueux pessimisme est répandu dans les poèmes groupés « Sous le vocable du chêne » (19 10) où l'influence de Baudelaire est sensible sans toutefois masquer la saveur personnelle d'une poésie volontairement âpre.

Née sous le signe de la mélancolie et de la grâce, elle exprime avec une obstination passionnée le désir de l'action et le goût de la force. Paul Drouot est de ceux que leur destin, si tragique fut-il, n'aura pu étonner ni décevoir. Son chef-d'œuvre, à mon gré, est le poème inspiré par le souvenir de ses Ardennes natales et qui est intitulé Péiiûi libre :

C'est mon pays, âpre pays^

avec son hori:(on qui pense,

les pleurs de ses sources jaillis

comme mes larmes, en silence.

... Là, comme un ancien trésor

Luit le soleil de l'infortune.

Celui qui a écrit ces deux derniers vers est digne de tous nos regrets et de la fidélité des amis qui ont entrepris de faire vivre sa mémoire.

Trompé par d'impudentes réclames, le public n'est que trop porté à se méfier des œuvres nouvelles d'écrivains tombés au champ d'honneur. Un effort comme celui-ci n'en est que plus méritoire et M. François Bernouard s'honore en y participant.

ROGER ALLARD

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LA LÉGENDE DES SIÈCLES de Victor Hugo, édition critique avec un commentaire et des notes par

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