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542 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

toujours désolée de penser qu'il n'ait point, pour l'entendre, quelqu'un de plus intelligent qui puisse lui répondre convena- blement, tandis que moi, je ne puis que continuer à lui demander des explications. "

En octobre 1893 :

" Depuis quelques semaines, nous avons été forcés de renoncer à nos charmantes promenades; parce que, tout juste quand nous rencontrions quelqu'un, sur les chemins écartés où nous marchions, le pauvre Fritz se mettait à devenir bruyant... "

Le 29 décembre, même année, Mme Nietzsche se réjouit d'avoir fait pour son enfant un arbre de Noël :

" Nous l'avons installé tout près de l'arbre, et si vous aviez vu comme son visage rayonnait ! Si vous l'aviez entendu s'écrier, sans ombre d'agitation maladive : Que c'est beau ! Et nous aussi, cela va sans dire, nous étions rayonnantes de cet effet imprévu sur notre " cœur d'ange ", comme nous l'appelons ; et c'est du plus profond de nos cœurs que nous avons fêté et remercié le bon Dieu, ce soir-là. "

L'année suivante (29 mars 1894) l'état du malade ne laisse pas d'espoir. Mme Nietzsche en fait à son correspondant cette affreuse peinture :

'• Combien il est heureux que nous ayons une maison à nous ! car personne ne voudrait nous garder comme loca- taires ! Non pas que les choses aient empiré depuis Noël : mais il y a toujours ces hurlements, et avec quelle voix ! Et plus je tâche à le raisonner, plus il le fait : de telle sorte que le mieux est encore que je reste toute seule avec lui, dans sa chambre, et que, sans arrêt, durant des heures, je lui chante quelque chose, malgré mon peu d'entrain pour chanter dans ces conditions. Ce chant monotone paraît avoir sur lui une action calmante... " J- G.

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AU LOIN, PEUT-ÊTRE. Poèmes par François Porche (Mercure).

La lenteur des poëmes de M. Porche n'est pas sans charme.

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