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JOURNAL SANS DATES 5 I 5

Reconnaître la nécessite d'une religion, la nécessité du pouvoir, et laisser aux sujets le droit de nier la religion, d'en attaquer le culte, de s* opposer à l'exercice du pouvoir par l'expression publique, commerciale et communiquée de la pensée, est une impossibilité que ne voulaient point les catholiques du seizième siècle. (p. 10.)

Voici la thèse bien posée ; à rapprocher d'un passage de la fin du volume :

Quelque jour des écrivains à paradoxes se demanderont si les peuples n'ont pas quelquefois prodigué le nom de bourreaux à des victimes. Ce ne sera pas une fois seulement que l'huma- nité préférera d'immoler un dieu plutôt que de s'accuser elle- même. Vous êtes tous portés a verser sur deux cents manants sacrifiés h propos les larmes que vous refusez aux malheurs d'une génération, d'un siècle ou d'un monde. Enfin vous oubliez, que la liberté politique, la tranquillité d'une nation, la science même, sont des présents pour lesquels le destin prélève des impôts de sang ! (p. 336.)

Nous lisons ici l'apologie de Catherine de Médicis.

Mais c'est tout de même ainsi que raisonneront les pseudo-disciples de Bakounine ou de Ferrer.

Apologie de Catherine de Médicis ? Copions : La reine-mère, en voyant son ouvrage, devait avoir des remords, si toutefois la politique ne les étouffe pas chez les gens assis sous la pourpre. Si Catherine avait su l'effet de ses intrigues sur son fils, peut-être aurait-elle reculé. Quel affreux spectacle ! Ce roi, né si vigoureux, était devenu débile ; cet esprit, si fortement trempé, se trouvait plein de doute ; cet homme, en qui résidait l' autorité, se sentait sans appui ;

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