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2l6 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

l'espèce de vaillance morale que l'on conjecture chez leur auteur et qui vient les réchauffer d'une générosité communi- cative. On sent fort bien que M. Pierre Hamp est, en dehors de ses livres, préoccupé de tous les problèmes que pose " la peine des hommes " ; mais on lui sait gré de ne le laisser deviner qu'à l'émotion contenue du récit et à un lyrisme qui sans cesse palpite sous les mots, sans se permettre jamais de prendre vol pour son propre compte.

On nous dit que M. Pierre Hamp ne bornera point là son travail. Souhaitons-le. Ces livres en appellent d'autres, et ils pourront ajouter à leurs qualités intrinsèques, cette sorte d'autorité extérieure où n'atteint qu'une suite de volumes sub- ordonnés à un plan d'ensemble. J. S.

��LES VEILLEES D'UN CHAUFFEUR,par Tristan Bernard.

D'une expérience déjà longue des choses du théâtre, M. Tristan Bernard a retenu qu'à la condition de ne point l'ennuyer, on peut tout faire avaler au public, les plus belles comme les plus plates inventions. Quoi qu'il nous impose aussi bien, et si inégalement que sa verve l'inspire, M. Tristan Ber- nard est le seul de tous les auteurs gais iqui jamais ne soit pénible, pesant ou importun. Ce serait peu cependant de n'accorder qu'un éloge si négatif à ses Veillées d'un Chauffeur, et il faut convenir qui ce livre consacré à nous décrire sans prétentions les mœurs, habitudes et états d'âme des chauffeurs est tout bonnement charmant. Il n'y a là somme toute que de brèves nouvelles, des anecdotes, voire des bons mots et même des chroniques ajoutées au reste pour faire nombre, mais les uns et les autres sont tout pleins de cet humour léger, minutieux et narquois que nous aurions cru propre à Dickens, si M. Tristan Bernard ne nous avait prouvé qu'on peut y exceller différemment. Surtout on peut, en ce recueil, saisir sur le vif et non dissimulée sous l'apprêt littéraire, la méthode même et le mécanisme de cet esprit délicieux, par quel choix

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