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I5O LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

m'embrassant, dès que je lui eus fait part de ma joie. — Mon cher, je peux déjà t'annoncer que la conversation que j'ai eue ce matin avec Juliette a été presque décisive, bien que nous n'ayons presque parlé que de toi. Mais elle paraissait fatiguée, nerveuse... j'ai craint de l'agiter en allant trop loin et de l'exalter en demeurant trop long- temps. Après ce que tu m'apprends, c'en est fait ! Mon cher, je bondis sur ma canne et mon chapeau. Tu m'ac- compagnes jusqu'à la porte des Bucolin, pour me retenir si je m'envole en route : je me sens plus léger qu'Eu- phorion... Quand Juliette saura que ce n'est qu'à cause d'elle que sa sœur te refuse son consentement ; quand, aussitôt, je ferai ma demande... Ah ! mon ami, je vois déjà mon père, ce soir, devant l'arbre de Noël, louant le Seigneur en pleurant de bonheur et étendant sa main pleine de bénédictions sur les têtes des quatres fiancés prosternés. Miss Ashburton s'évaporera dans un soupir, la tante Plantier fondra dans son corsage et l'arbre tout en feu chantera la gloire de Dieu et battra des mains à la

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manière des montagnes de l'Ecriture.

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��Ce n'était que vers la fin du jour qu'on devait illuminer l'arbre de Noël et qu'enfants, parents et amis allaient se réunir autour. Désœuvré, plein d'angoisse et d'impatience, après avoir laissé Abel, pour tromper mon attente je me lançai dans une longue course sur la falaise de Sainte Adresse, m'égarai, fis si bien que, lorsque je rentrai chez ma tante Plantier, la fête était depuis quelque temps com- mencée.

Dès le vestibule j'aperçus Alissa ; elle semblait m'atten- dre et vint aussitôt vers moi. Elle portait au cou, dans

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