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254 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

gémissements et de la faiblesse. J'ai charge d'âme. C'est cela qui me fait supporter la mort de mon père.

Je vais me remettre au travail. J'écrivais un livre dont j'avais puisé le sujet dans les récits qu'il m'avait faits de sa vie. Je vais le suivre pas à pas, je vais m'efforcer à comprendre ce qu'il était. C'est maintenant surtout que je vais être son fils.

J'espère que ton père est en bonne santé. Je me rappelle la façon dont il me serrait la main. Rappelle-moi à son souvenir. Un jour ou l'autre, j'irai bien vous voir. Je ne vous ferai plus courir les bureaux de navigation pour revenir par mer, puisque la Destinée semble s'acharner à m'em- pêcher d'être marin.

Je comptais sur le prix Goncourt pour cela. Peut-être quand j'aurai ma retraite à l'Hôtel de Ville pourrai-je m'engager comme pilotin à bord d'un voilier.

J'ai été pendant trois chroniques un grand jour- naliste belge. Le " Matin de Bruxelles " m'a arraché ma prose, mais j'ai eu tant de mal à lui arracher son argent que j'ai dû abandonner le rêve d'être un grand homme dans ton pays.

Vandeputte m'a dit que tu travaillais, que " tu faisais des vers." Quand donc, mon cher Max, vas-tu nous donner quelque chose ? Si tu savais avec quel plaisir j'ai passé les jours où je relisais

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