Page:NRF 3.djvu/27

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


CHARLES BLANCHARD 21

à vous. Elle était située dans un monde actif; on pensait à ces villes furieuses dans lesquelles le fer heurté par les marteaux-pilons fait un bruit auprès duquel on n'entend plus celui que font nos sentiments dans notre âme. On pensait à ces mines où, dans les noires galeries, tout un peuple, le pic en main, cognant la muraille à grands coups, accomplit son devoir avec autant de courage que si l'espace et la lumière n'existaient pas. Parfois il semblait que soufflât un grand vent. Il s'avançait de tous côtés, et saisissant les quatre coins de la maison, la soulevait tout entière; on eût dit que Baptiste luttait pour s'en défendre. On pensait à la mer, sur laquelle le pêcheur s'est élancé avec son bateau. Quand l'on voyait travailler Baptiste, on pensait à bien des choses que l'on ne voyait pas. La maison était située dans le pays de l'activité humaine, là où l'homme, le héros du monde, n'écoutant que son courage, s'en prend à Dieu lui-même et donne à la vie une forme qu'il semblait ne pas avoir voulue. Etait-on chez un sabotier ? Oui, mais l'on était ailleurs encore. On était chez ceux qui travaillent le bois et qui non seulement font des sabots, mais aussi des charpentes, chez ceux qui forgent le fer, chez ceux qui bâtissent les maisons, chez tous ceux qui, dans la cité bruyante, occupés aux labeurs de l'industrie nous font une vie meilleure que celle que nous avions reçue. Et l'on peut dire que l'air

�� �