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UNE DISCIPLINE DU VERS LIBRE 455

eux-mêmes... Quiconque transgresse, à raison ou à tort, la loi ancienne, ils l'accueillent, quitte à prendre pour des beautés singulières d'involon- taires négligences, quitte aussi à se contredire.

Qu'il s'agisse de rejeter la métrique préétablie du vers traditionnel, et aussitôt ils invoquent le principe connu du rhythme nécessaire scandé par les " arrêts de la voix et du sens ". Fort bien. Pour- tant ils n'iront pas, comme le voudrait la logique, jusqu'à la strophe analytique^ où, disent-ils " le vers disparait "... Justement ! — En fait la notion de la strophe qui est l'acquisition la plus sûre du " vers librisme " et dans laquelle le vers se réduit à l'état d'unité rhythmique indivise qu'il s'agit de mettre en valeur, ils la sacrifient volontiers, con- trairement à leurs prémisses, à la notion tradition- nelle et scolaire du vers numérique à césures 1 dont l'alexandrin est le type. L'alexandrin est leur point de départ, leur modèle, et " il fait partie de leur liberté ". C'est un compromis défendable; nous ne le discuterons pas.

A propos de l'alexandrin, j'aimerais à citer quelques remarques ingénieuses où ils raillent ses facilités et analysent ses ressources. Même, n'y découvrent-ils pas un vers libre de douze pieds? — Ce vers libre-là on le voit déjà dans Racine, quand la césure " émotive " surajoutée prend le pas sur la césure obligée et crée à elle seule le

1 Ils éludent complètement la question de l'accentuation.

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