Page:NRF 3.djvu/607

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


PAS-COMME-LES-AUTRES 597

squelettes épouvantables, environnés de flammes, et cherchant, de leurs doigts recourbés, sans chair, à l'emporter avec eux.

Il faut aussi connaître les cloches de l'église. Elles sont trois, la petite, la moyenne, la grosse. 11 faut les avoir vues, immobiles, au milieu des énormes poutres qui s'enchevêtrent, dans le silence du clocher clair, où la lumière semble à son prin- temps, où l'air frais circule avec précision, avec douceur. Une chauve-souris vole, là-bas, au-dessus des voûtes de la nef, vient effleurer, d'une aile veloutée, les cloches, et retourne vite dans l'ombre. De temps en temps, arrivent, portés sur les ailes invisibles du vent, un grain de sable, un fétu de paille, qui frappent imperceptiblement sur le métal sonore. Et l'on dirait alors qu'une des cloches soupire.

L'histoire de la France est presque aussi capti- vante que sa géographie.

On l'apprend dans un manuel à couverture jaune. Il y a, là aussi, des images. Seulement, il faut savoir les trouver. Il faut tourner les pages. EtPas-comme-les-autres ne peut pas s'en empêcher. Il lui semble que le temps ne marche pas assez vite : si l'on écoutait le frère, qui vous donne vingt lignes par jour à apprendre, on resterait un mois entier sur un petit règne de rien. Mais une demi- heure suffit pour un siècle. 11 ne met pas longtemps pour arriver de Clovis à Louis XI. S'il ne sait pas

�� �