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JULIETTE LA JOLIE IOO3

brasser dans la grand'rue ? — ça m'amuse, ça me donne envie de rire.

— Oh ! si vous en êtes là, ce n'est pas grave, en effet ! murmura M^ Clément rêveuse.

Elles restèrent ainsi longtemps à bavarder, à causer de tout : d'elles-mêmes, des dames de la ville, des messieurs aussi. Juliette sautait d'une idée à une autre comme, de branche en branche, un jeune oiseau pour qui tout est ravissement. Elles allaient partir quand passa M"" Perru- chot, le pharmacien, en pantalon blanc, bottines jaunes, et coiffé d'un panama. Quand il put les apercevoir sous les sapins, il ne vit d'abord que M"* Clément, mais il n'eut pas le temps de s'arrêter parce qu'aussitôt après Juliette lui apparut.

Quand il rentra, vers une heure et demie, Gallois dit :

— Ce matin j'ai rencontré la Chipée et Chipé dans leur voiture à âne.

— Où donc ? demanda Juliette,

— Mais sur la route. Ils allaient à Corbigny au-devant de leur Lucienne.

— Elle revient ici ? dit Juliette.

— Pour huit jours seulement, à ce qu'ils racontent. Mais à l'heure qu'il est, ils ne sont peut-être pas arrivés à la gare !

Gallois ne se trompait pas de beaucoup. Juliette songeait qu'elle aurait du plaisir à revoir Lucienne.

L'après-midi les Gallois et les Nolot allèrent ensemble de la route d'Avallon où se courait la course en sacs, à l'Etang du Goulot où avait lieu la course aux canards, en passant par la place où se dressait le mât de cocagne. François et Léontine marchaient presque toujours bras-

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