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LES REVUES 1^95

il refusa obstinément de servir ou de commander autrement qu'à bord de voiliers..."

Bien longtemps après, il y a vingt ans environ, Joseph Conrad " ou pour mieux dire Konrad Korzeniowski, capitaine breveté de la marine marchande anglaise, se trouvant de loisir à Londres entre deux embarquements, eut une fantaisie que rien ne faisait prévoir " : il écrivit ; il écrivit l'histoire d'un trafiquant de Bornéo, Almeyer's Folly, histoire qu'un bachelier de Cambridge admira. Et c'est ainsi que naquit chez Conrad, aussi authentique que celle de la mer, la vocation des lettres.

��Dans l'Opinion du 27 avril, après avoir parlé du récent livre de Tristan Bernard, Mathilde et ses Mitaines, M. Jean de Pierrefeu croit devoir dire quelques mots sur Fantomas, roman-feuilleton de MM. Pierre Souvestre et Marcel Allain, dont seize volumes ont déjà paru. De certains aperçus qui ont été donnés ici-même sur le roman d'aventures, il est piquant de rapprocher ces quelques lignes de M. de Pierrefeu, si badines qu'elles veuillent être :

" Fantomas n'appartient pas à la littérature, mais c'est une œuvre d'une prodigieuse imagination et qui réalise assez bien le type de ce roman romanesque dont nos contemporains sont bien près de s'engouer...

Je vous assure qu'il y a là une science de l'intrigue qui n'est pas à dédaigner, une habileté merveilleuse à renouveler l'atten- tion du lecteur par des moyens qui sont loin d'être banaux. Des écrivains soucieux de faire œuvre d^art auraient pu réaliser des e_ffets saisissants avec les éléments qui se trouvent dans cet ouvrage. Lisez, par exemple, comment Fantomas sur le point d'être guillotiné parvient à se substituer le comédien Valgrand.

Ou plutôt, ne lisez pas, ou encore lisez sans vous en vanter. Il ne faut pas, on ne peut pas encourager la difRision d'ouvra- ges d'où la littérature est totalement absente et qui témoignent

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