Page:NRF 7.djvu/169

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


DANIEL DE FOE I 63

les capes sombres, ces objets cachés sous les pans des manteaux ! Fantômes de ton imagination, ces êtres ne hantent pas que ton imagination, mais ta demeure, de Foë. Plus tard, tu les mettras dans tes livres ; mais Robin Cruso, Robinson Kreutznaër n'est pas parmi eux encore !

Pourtant, voilà qu'un parfum exquis, un frou- frou de satin et un rire perlé s'exhalent et tintent autour de toi. Lady Roxana est là ; elle a le sein à moitié nu, des fleurs fanées pendent à son corsage et son large chapeau empanaché ressemble à celui que Barbara Palmer portait sous Charles II. Regarde-la marcher en se faisant coquette et câline, de Foë : c'est encore une des figures qu'à grands traits vivants tu peindras un jour. Elle rit ; elle est belle encore, mais moins que jadis et une jambe charmante paraît sous sa robe !

Toi, tu écris toujours ! Tu es un whig enthou- siaste, de Foë ; tu rédiges d'abondants mémoires dans ton idée. Mais, tant de fluides ombres, de bougeantes apparitions rayonnent dans ton imagi- nation et dans ton cœur ! Et la porte ne s'est pas plutôt entre-bâillée devant lady Roxana, qui est sortie rejoignant pauvre Jacques, Duncan Camp- bell et Bob Singleton, qu'une créature singulière est entrée à son tour dans ta maison.

Celle-là, comme lady Roxana, est aussi une courtisane ; mais regarde, ô Daniel, comme elle est modeste : l'on ne voit ni son sein ni sa jambe.

�� �