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SUR LE DOSTOÏEVSKI DE SUARÈS 239

SOUS ses yeux, un bon ouvrier français saura, parmi les plus incultes sauvageries, tracer des jardins nouveaux. Des jardins de son invention. Des jardins que son cœur aura désirés, que ses mains auront disputés à la terre, et qui naîtront dans la nouveauté de la vie.

De quel usage, en effet, sera pour nous cette raison française ; de quelle valeur ce goût, cette mesure, ce style, si ne s'y conforment que des poètes sans génie, des dramaturges et des roman- ciers sans invention ? Quelle vertu garderont les règles dont plus rien de vivant ne vient épouver la résistance et la fermeté . Quel orgueil tiré des méthodes, si ce ne sont qu'étais à soutenir un art débile, qu'instruments à ressasser une pensée recrue ?

Je vois trop de cœurs secs se faire mérite d'une retenue peu coûteuse ; trop de bouches pédantes remâcher les plus beaux mots français ; trop d'im- puissants invoquer les plus difficiles ambitions de notre race...

Le bienfait de la culture, c'est de ne me dispen- ser de rien. Sa vigueur, je l'éprouve à mon intré- pidité. Elle m'a bien formé, bien instruit : c'est afin de me permettre davantage ; et que je coure plus hardiment toute aventure ; et que j'informe à mon tour plus d'émotions, de curiosités et de vertus.

L'étroit accord avec moi-même où voudrait

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