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LE LOISIR DE CAGLIARI 34I

le hasard d'un événement politique m'a amené à relire, mais qui n'a guère marqué, et sans qu'on puisse protester, dans l'histoire littéraire. Je crois cependant utile pour garder notre tradition d'esprit français d'aller souvent à la recherche de ces livres oubliés, qui sont bien de notre pays, et de les mettre brusquement en contact avec la lumière du présent, à condition de les traiter comme des livres vivants et capables d'agir sur notre vie. Je souhaite la même fortune dans un siècle ou deux pour les nôtres, et peut-être s'apercevra-t-on alors que nous sommes du même sang intellectuel que nos ancêtres et que nos descendants, n'en déplaise à nos détracteurs.

Mais cette évocation de la Provençale m'a attardé autour de mon sujet qui était plus essentiellement la vie intellectuelle que j'aurais menée si les Italiens m'avaient offert, à moi comme à la centaine et demie de mes compatriotes, le loisir de Cagliari. Et je ne voulais pas vous entretenir que de Regnard captif au rivage du Maure, car vous vous souvenez que le 25 septembre 1575 fut capturé par les Algériens non loin de Naples un écrivain de toute autre envergure, Cervantes...

Legrand-Chabrier.

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