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444 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Hydropathes, ni les Hirsutes, ni le Chat Noir, sur lesquels M. Barre égrène complaisamment des anecdotes, ne furent des milieux symbolistes. N'eût-il pas mieux valu brosser quelques pages sur les représentations de l'Œuvre, ou les mardis de Mallarmé, dont il ne dit pas un mot ? Il s'est documenté dans deux livres de Souvenirs, celui de Goudeau et celui de Byvanck. Il n'a pas songé à une source aussi intéressante qu'importante : les romans. Les frères Leblond ont pu écrire un livre, PHistoire de la société française sous la troisième République, d'après les seuls romans. Pourquoi M. Barre n'a-t-il pas lu, à défaut des Kamt- chatka de M. Léon Daudet ou de la Seule Nuit de M. Adolphe Retté, qui sont des satires violentes et sans mesure, au moins le Soleil des Morts de M. Camille Mauclair ? Il y eût trouvé un tableau curieux et sincère du mouvement littéraire dans la jeunesse littéraire de 1898, — à condition, bien entendu, de n'être pas dupe, et de savoir interpréter un document naïf

Pour se renseigner sur les idées du Symbolisme, M. Barre a employé une méthode d'autant plus dangereuse qu'elle paraît d'abord très naturelle. Il s'est adressé aux poètes eux-mêmes. Il a tant bien que mal agencé en corps de doctrine les réflexions, les élucubrations, parfois les divagations de chacun sur la chose poétique. Et cela ne lui était pas défendu, mais encore fallait-il procéder avec critique. Il fallait observer que des théoriciens du symbolisme, comme MM. Charles Morice, Remy de Gourmont, Robert de Souza, (poètes par occasion et le dernier mieux que cela) formulèrent beaucoup plus heureusement que des poètes plus notoires les idées de l'école. Il fallait surtout faire une différence entre des esprits cultivés comme Mallarmé, et des impulsifs comme Verlaine. Commencer un chapitre sur Verlaine par une étude sur " son esthétique, ses opinions en littérature et en art " me paraît étrange. Je sais bien qu'il n'avait rien de commun avec le Choulette du Lys Rouge, qu'il cachait certaines parties de finesse et de clairvoyance ; mais puis-je prendre au sérieux une " esthétique" que M. Barre va chercher dans

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