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LE RAIL 45

OU six fois par an et donnait de l'exercice à son corps trop assis.

Ce brave homme devait prouver la faute de service du mécanicien, de l'aiguilleur, du manœuvrier, mais, mis à leur poste, il aurait tout déraillé.

Dans le tourment de cette inexpérience, il souhaitait trouver vite et avant les autres, non la vérité, mais le coupable. Il menait cette recherche avec une considérable méfiance des hommes de pratique et la frousse un peu haineuse des ingénieurs, chefs de service, dont il redoutait l'hostilité.

M. Belaëne, procureur de la République, arrivé très tard, choisissait avec soin les endroits où poser le pied, sur ce sol difficile. Il accomplissait aussi la redoutable mission de connaître le responsable, facilitée pour lui par l'absolue croyance qu'il y en avait un. Sa connaissance du chemin de fer, limitée aux compartiments de première classe, devait trouver une preuve dans les roues brisées, les fers ployés et les bois épars. Il gardait la prudence de ne point se décider seul et d'attendre l'indication de MM. les inspecteurs. Il se joignit au groupe de grande parlerie fait par M. Ipp, M. Dasson, les inspecteurs de Paris, M. Pa- pegay et M. Flavigny, ingénieur du contrôle.

Trois gendarmes montaient autour des déblayeurs une garde perdue. Leur autorité inutile en ce lieu de travail discipliné s'entretenait en paroles contre les voyageurs transbordés, curieux du déraillement.

M. Driize revenait de la cabine I en assénant sur M. Qualin des affirmations brusques. Le désaccord de leurs opinions se voyait à la figure rouge du chef de qui le silence prouvait qu'il retirait ses raisons.

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