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QUAND LE PRINTEMPS REVIENDRA 589

des papillons, comme dans ce chant que tu modu- lais à lèvres presque fermées, sur un si faible ton qu'il semblait un murmure de l'âme.

C'est par milliers et par centaines qu'il en flottait, aussi loin que les yeux pouvaient percer, à travers le sous-bois mol et bleu où la tiède splen- deur d'octobre finissant versait un abîme de séré- nité dorée, et sur les branches qui les gaspillaient avec faste, comme si tous les cotonniers des îles eussent épanché leurs gousses immaculées en suspens dans une brise moins nonchalante que leur essence de soie.

XII

Il en sortait, eût-on dit, de la terre chaude et bénie ; ils venaient follement boire à ces frêles hampes de fleurs, blanches comme eux, qui, frois- sées au creux de la main, ou bien séchées dans un livre ou dans le pli d'un vêtement, exhalent un arôme de foins fauchés, et font asseoir, l'hiver, dans les chambres étroitement closes, une enivrante soirée de Juin,

Et jusque par-delà le ciel visible, tout l'éther adorablement tremblait à cette heureuse palpitation des ailes de Psyché.

XIII C'est sans doute alors que tu sentis frémir les

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