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CHRONIQUE DE CAERDAL 669

un livre de toute fausseté, et le faux style en est la marque : faux, comme la voix est fausse. Là enfin, la religion est une mode. Qu'est-ce qu'une religion, moins la nécessité ? Chateaubriand est à l'origine de toutes les modes politiques et littéraires.

A lire Benjamin Constant, on s'aperçoit que Brumaire s'est fait aussi contre Rousseau : mais Chateaubriand lui a rendu Tempire ; dix fois plus étendu, il lui livre des provinces nouvelles, et l'une des plus belles, la religion. Chateaubriand l'émiorré est bien l'homme de la Révolution en

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poôsie. Quand il serait pape et premier prince du sang, quand il aurait la langue d'un roi et la bouche de Montmorency, il est parlement, il est bourgeois en ce qu'il dit ; il fait du sentiment, il est petit prêtre.

Ha, il est auteur. 11 écrit pour qu'on l'applau- disse. Il ne cherche qu'à plaire, ce dédaigneux que tout ennuie. Beaucoup d'auteurs, dit-on, sont ainsi. Surtout, quand ils font les hautains par le monde. Tour à tour pour le Roi et pour Napoléon, pour l'Eglise et pour la République, Chateau- briand n'est constamment fidèle qu'à sa propre gloire. Il vante l'ordre catholique et l'homme de la nature. Sa religion est pleine de fétiches ; et sa politique aussi. Il ne le cache même pas. Au con- traire, il a l'air de rire en secret d'être si grave. On dirait parfois d'un grand prêtre, qui voudrait

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