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LES ROMANS

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��en lui le désir de la vengeance. Une circonstance en apparence insignifiante, — la vue de ses éléphants mutilés par les merce- naires, — précipite sa résolution : lui qui, quelques heures aupa- ravant, refusait ses services à la république, — par un revirement soudain, mais que nous explique la minutieuse description de Flaubert, — il accepte tout à coup le commandement de l'armée...

��Si vous envisagiez de cette façon tel passage de Vlnvasioity critiqué par vous comme inutile, peut-être y découvririez-vous les mêmes intentions psychologiques que dans ce passage de Salammbô. Mais je me suis interdit toute apologie personnelle.

Ce que je veux conclure de là, c'est que la méthode intellec- tuelle est le moyen d'enquête le plus sûr et le plus embrassant que puisse adopter un romancier ; c'est que tous les autres genres du roman peuvent trouver place dans celui-là, et qu'ils n'en sont, en réalité, que des démembrements. Sans doute une méthode ne vaut que par l'écrivain qui l'emploie. Mais un écrivain de race se choisit, d'instinct, une méthode à sa taille. Pourquoi n'y a-t-il plus, aujourd'hui, ou presque plus de romanciers qui osent se servir de celle de Balzac, de Flaubert, ou de Zola? Il ne s'agit pas de recommencer l'œuvre de ces maîtres, mais de continuer le plus grand effort qu'ait tenté le roman français. Sinon, il faut se résigner à la littérature utilitaire, — ou à la petite littérature.

Louis Bertrand.

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