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courageux” comme il souhaitait nommer son livre de poèmes, cet enfant d’apparence fragile, un peu dédaigneux de la force et de l’adresse physiques, très averti, mais qui gardait une sorte de candeur charmante sur laquelle les passions n’avaient pas de prise. Ils se rappelleront son beau visage, sa voix enjouée, son regard où, même les dernières semaines, l’ardeur parvenait à combattre la tristesse. Et ils n’oublieront pas qu’un des leurs, qui avait le plus à dire, eut le courage d’accepter le silence sans se plaindre et qu’il n’a pu léguer à leur vigilance, pour sauver sa mémoire, que le souvenir d’une amitié qui fut exquise et un poème inachevé.

J. S.



LA CORRESPONDANCE DE GÉRARD DE NERVAL (1830-1855), avec une introduction et des notes par Jules Marsan (Mercure).


Gérard de Nerval n’a pas à se plaindre de la postérité. Il y a cinq ans, le Mercure, dans la collection des plus belles pages, rééditait à peu près tout son œuvre. Hier M. Édouard Champion constituait avec un soin pieux le dossier de ses aventures. Aujourd’hui, c’est M. Jules Marsan qui rassemble et range dans l’ordre chronologique, en y ajoutant une soixantaine de lettres inédites, une correspondance jusqu’ici dispersée dans de nombreuses publications.


La plupart des lettres de Gérard sont adressées à son père, le docteur Labrunie, un ex-chirurgien major des armées napoléoniennes. “Jamais petit enfant d’un jour de Noël n’écrivit des lettres plus humbles, plus soumises, plus tendrement et discrètement filiales”.[1] Gérard avait pour son père une tendresse

  1. Henri Roujon.