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738 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

époque se contente de la subordonner. Mais où le stoïcisme a donné à la conception socratique un légitime et heureux développement, c'est quand il a précisé l'attitude du sage à l'égard des accidents de la vie extérieure. Devant la destinée, dans la mesure où elle ne dépend pas de lui, le sage ne s'irrite pas, ne proteste pas, même par un " froid silence " ; il ne s'humilie pas non plus, ne se frappe pas la poitrine en disant : " J'ai péché ". Il con- temple, il comprend ; il entre dans le conseil de la Raison universelle et participe à ses desseins, il dit : " C'est l'ordre, c'est la loi ", et quels que soient les événements qui l'atteignent, il garde l'âme égale, l'esprit serein et le cœur impavide. Les limites de ce qui dépend et de ce qui ne dépend pas de nous ont pu varier depuis l'antiquité ; ce n'en est pas moins à cet idéal du sage, convenable- ment retouché et en quelque sorte mis à jour, que s'attachent tous ceux de nos contemporains qui ont le culte de la beauté intérieure et que le Chris- tianisme n'a pu retenir; et c'est pourquoi quelques- uns d'entre eux se sont fait des Stances de Moréas une façon de bréviaire.

�� ��J'ai pris à dessein mes exemples parmi les philo- sophes plutôt que parmi les poètes, car Moréas s'apparente de plus près à ceux-là qu'à ceux-ci. Ce

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