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d'aDDIS-ABEBA a DJIBOUTI 7^^

VIII

2 mai, de Tadetcha-Malka au Fantali.

Le toit de la tente, quand je sors, est couvert de fleurs de mimosas. Matin déjà éclatant. Il est 7 heures, mais aujourd'hui quelque mollesse était permise : il n'y aura pas d'eau à l'étape prochaine ; afin que nos bêtes n'aient pas à rester pîûs d'un jour sans boire, nous ne décampe- rons qu'après midi, pour arriver dans le Fantalé à la nuit, et le lendemain, très tôt, à l'Aouache. Devant ma porte, j'aperçois, assis, le fusil sur les genoux, les deux chankal- las à qui j'achetai hier le crâne de coudou. A côté d'eux, sur l'herbe, une peau de python, pliée et roulée, pareille à un tuyau de pompe, et des cornes d'oryx qu'ils ont apportées à mon intention. En me voyant, ils se lèvent et, enchantés de faire sensation : " Nous sommes venus te dire, m'expliquent-ils, que cette nuit deux lions sont entrés dans le village ; ils ont tué une vache et se sont retirés dans un marais, tout près d'ici. Si tu veux, nous t'y conduirons... " Le moyen d'hésiter ! En vain l'inter- prète me fait-il signe de refuser : le temps de déjeûner, en plein air, sous les arbres pleins d'oiseaux, et je m'ache- mine à leur suite au travers de la forêt. Tranquille lumière qui de toutes parts, la pénètre... Une ombre fine joue parmi les parasols retombants des mimosas. Entre les troncs largement espacés, les acacias nains s'arrondissent comme des corbeilles chargées de grappes roses. De petites termitières, de ci, de là, dressent leur dôme de terre sèche et qui paraît battue.

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