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870 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

ils cherchent, ils répètent, le tour marche sans rien modeler. Vous le direz, et c'est vrai, et que m'importe ici ? Je suis sen- sible seulement à une certaine vision de la vieillesse, telle que le maître de cette admirable page l'a imposée à son art, ou telle que son art la lui a imposée. Je ne discute pas plus la ressemblance ici que le costume des personnages dans une toile de Véronèse. Je vois seulement ceci que M. Barrés évoque sous ces noms la vieillesse même de sa sensibilité et de son style, telles qu'il les prévoit, telles qu'il les aimera et les fera aimer à vos fils, avenir qu'il esquisse d'après un présent, d'après cette courbe de condensation progressive que sa manière, ou plutôt une de ses manières, a suivie depuis Bérénice et Du Sang. Il lit comme il voyage, en pèlerin romantique et passionné de lui- même, ce qui est son devoir d'écrivain. Une Pentecôte, des langues de feu discontinues, foyer d'une parole et d'une musique qui sont plutôt qu'elles ne s'épanchent n'est-ce pas ainsi que, d'après les dernières pages des Amitiés Françaises, d'après le Cheval ailé sur FAcrocorinthe, vous imaginez son dernier livre, son testament ?

Albert Thibaudet.

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