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946 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

'Je regarde les bois modestes du pays. . . Je t'y vois fuir ^ Printemps^ de ta course légère Qui profègey écartant les branches des taillis^ Ta couronne de primevères.

Est-ce pour avoir vu, dans tes yeux fugitifs.

Briller cette flamme adorable. Que s éveillent en moi de beaux désirs captifs Qui brûlent doucement mon âme périssable ? . . .

Est-ce pour avoir vu les humides gazons

Sous tes pieds se froisser à peine, Qu une fraîcheur divine a coulé sur mon front, Quun délice étonné, dont la vertu m* enchaîne.

Arrête ici mon cœur et mon haleine ?...

Soleil, épargne-moi ces couleurs et ces feux !... Et vous, douceur profonde et molle des prairies,

Tempérez, r ardeur et les jeux

De ces pas que je vous confie L . .

Ici, tout seul avec cette branche d^ ormeau

Et le dessin fuyant de mon ombre qui plie, Je veux pencher au bord des eaux Mon image et ma vie.

Et voir encor, h mes cotés fidèles. Dans ce miroir, parmi les roseaux et les ailes, U ombre claire de la Douleur Qui me sourit comme une soeur.

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