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��LETTRES DE JOHN KEATS A FANNY BRAWNE^

I

Shanklin.

Ile de Wight. Jeudi.

{Timbré : Newport, 3 Juillet 18 19)

Ma dame bien aimée,

Je me réjouis de n'avoir pas eu l'occasion de faire partir une lettre que je vous avais écrite dans la nuit de Mardi — elle semblait par trop extraite de l'Héloïse de Rousseau, Je suis plus raison- nable ce matin. Le matin est le seul moment qui me soit propice pour écrire à une belle et si chère jeune fille : car la nuit, quand ma solitaire journée s'est écoulée, et que ma chambre, non moins soli-

^ Ecrites en 1819-1820, ces lettres ont été éditées et annotées par Harry Bnaton Forman. Elles sont adressées par Keats à Fanny Brawne, sa fiancée, jeune fille dont on sait peu de chose, mais qui semble l'avoir fort peu compris et apprécié si Ton s'en rapporte au seul jugement qu'elle ait laissé sur lui, dans une lettre qu'elle écrivait à M. Dilke, dix ans après la mort de Keats : " L'acte le plus charitable serait de le laisser reposer à jamais dans l'obscurité à laquelle l'avaient condamné les circonstances. "

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