Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/213

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EH BIEN ! JE RESTE.


savez que les femmes ont le défaut d’être curieuses. Intriguée de ce portrait tant admiré, l’objet de tant de soupirs et de regards vers le ciel, j’ai voulu m’élever sur la pointe du pied pour voir par-dessus votre épaule cette jolie mine. Par malheur, je prenais mon point d’appui sur un caillou rond, et il a tourné sous mon pied. — Que n’ai-je pu deviner votre envie, madame ! Comme la figure qui m’occupait n’a rien dont un homme puisse tirer vanité, j’aurais pu… — Me le montrer, et vous allez avoir cette complaisance ? — À condition que si, par hasard, vous connaissiez l’original, quoique ma liaison avec cette dame soit fort innocente, vous auriez la bonté de garder le secret ? — Cela se doit. — Maintenant, trouvez bon que je vous prévienne que ce portrait ne peut flatter au monde que moi ; que le reste de l’univers doit en juger d’une manière défavorable… „

Madame Durut. — Il avait, parbleu ! raison ; je ne sais où le peintre avait été chercher ce fichu modèle, car, par malheur, le portrait n’est pas de fantaisie.

La Marquise. — Laisse-moi achever