Page:Nerlinger - Billets d'automne, 1893.djvu/33

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zosenloch, le trou aux Français, comme les Allemands appellent la Taverne Gruber où l’on va pour avoir des nouvelles de France et pour être bien entre soi afin de causer librement. J'y avais retrouvé de vieilles connaissances, et en causant du passé le temps s'était écoulé vite.

Il était près de dix heures, et les habi- tués, bons bourgeois d’un certain âge déja; commentaient à secouer soigneusement leurs pipes sur l’ongle du pouce. Depuis une heure déjà, le clairon allemand du poste de la place Kléber avait sonné sa plaintive retraite, triste et morne Comme le hurlement d’un chien de garde: Tout à l'heure la cloche de: la cathédrale va la sonner pour eux aussi, [Len est ainsi depuis bien des générations et les jeunes qui, dans leur coin, accueillent d’un sourire narquois la levée des vieux, finiront par les imiter à leur tour dans quelques années.

Comme eux, ils s’achemineront vers leur domicile tandis que l’artique cloche de dix heures bercera leur rêverie de son lent carillon. Oh! cette sonnerie d’un charme