Page:Nettement - Histoire de la littérature française sous la restauration 1814-1830, tome 1.djvu/261

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du dix-huitième siècle ; l’école intermédiaire, qui tenait par la politique au constitutionnalisme de 1789, par la philosophie au rationalisme spiritualiste de M. Royer-Collard, et, en partie, par la littérature proprement dite, aux doctrines de madame de Staël, sans que cependant on pût dire que ces doctrines ne lui fussent pas communes avec plusieurs des hommes engagés dans l’école purement catholique et monarchique ;

La lutte des idées sur le premier plan du tableau ; toutes facilités données à cette lutte, qui peut porter sur tous les sujets et sur tous les temps ; un nouveau gouvernement : liberté de la tribune, liberté des livres, bientôt liberté des journaux ;

Plusieurs grands faits, sources de sentiments différents et d’inspirations diverses : le rétablissement de l’ancienne monarchie et le spectacle d’un retour inespéré, sujet d’émotions sympathiques pour les uns, d’irritation pour les autres, d’étonnement pour tous ; un rapprochement de la France ancienne et de la France nouvelle, qui peut devenir un choc ; le bonapartisme poétique ; le ressentiment de la nationalité blessée ; l’abaissement des douanes intellectuelles interposées entre les nations ; l’Allemagne arrivant à Paris derrière madame de Staël, l’Angleterre avec lord Byron.

Si maintenant on vient à se souvenir qu’une grande partie des hommes qui avaient été mêlés aux luttes de la première révolution vivaient encore ; que ceux qui avaient vingt ans en 89 n’avaient que quarante-six ans en 1815, et que les rancunes du passé devaient ve-