Page:Noël - Fin de vie (notes et souvenirs).djvu/75

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nous envie de nous voir en république et en paix depuis vingt ans.

Les rois sentent bien que les peuples nous sont sympathiques, que tout socialiste est à demi-Français, et les socialistes, où ne sont-ils pas aujourd’hui ? Quel monarque ne voit leur flot autour de lui s’étendre et monter ?

L’empereur d’Allemagne nous faisait risette, il y a quelques jours ; il nous montre aujourd’hui le poing.

Le baron Double m’envoie son joli volume : Cabinet d’un curieux, avec une aimable lettre, où je vois qu’il me prend pour un bibliophile…

Je me suis trop complu à la lecture des livres vivants et vivifiants pour m’égarer jamais à la bibliophilie.

Tout enfant, j’aimais les livres comme j’aimais les fleurs, pour la vie, pour la belle vie qui s’y manifestait, pour l’élan et le réconfort que j’y puisais. Tous mes sous du dimanche s’en allaient tantôt aux plantes et tantôt aux bouquins, que je lisais perché comme un oiseau, et parmi les oiseaux, sur la branche d’un orme (j’ai raconté cela dans le Magasin pittoresque) ; mais ni les plantes, ni les livres, ne