Page:Noailles - Les Éblouissements, 1907.djvu/131

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LA COURSE DANS L’AZUR


À mon Enfant.


Mon fils, tenez-vous à ma robe,
Soyez ardent et diligent
Déjà le matin luit, le globe
Est beau comme un lingot d’argent !

C’est de désir que ma main tremble,
Venez avec moi dans le vent :
Nous aurons quatre ailes ensemble,
Nous boirons le soleil levant.

Nous aurons l’air d’aller en guerre
Pour le bonheur, pour le plaisir,
Pour conquérir toute la terre
Et son ciel qu’on ne peut saisir.

Qu’importe votre frêle mine,
Et mes pas souvent hésitants,
Si les brises de Salamine
Gonflent nos vêtements flottants !