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LA COURSE DANS L’AZUR


Je serai la Victoire blanche
Tendue au vent d’un coteau grec :
Le vent nous irrite et nous penche,
Mais on marche plus vite avec.

Retenez-vous à mon écharpe ;
Vous êtes mon fils : il faut bien
Que vos cheveux, comme une harpe,
Jettent un chant éolien !

Vous avez dormi dans mon âme :
Il faut que votre être vermeil
S’élance, s’émeuve, se pâme ;
Combattez avec le soleil !

L’air frappera votre visage ;
Avancez, joyeux, furieux,
L’important n’est pas d’être sage,
C’est d’aller au devant des Dieux.

Comme on voit, sur un vase étrusque,
La danseuse et le faune enfant,
Nous poserons, d’un geste brusque,
Sur le monde un pied triomphant.

Je ne sais pas où je vous mène ;
Je vous mène où sont les héros :
C’est un vaste et chantant domainu
Le plus terrible et le plus haut.