Page:Noailles - Les Vivants et les Morts, 1913.djvu/206

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OCTOBRE ET SON ODEUR…

Octobre, et son odeur de vent, de brou de noix,
D’herbage, de fumée et de froides châtaignes,
Répand comme un torrent l’alerte désarroi
Du feuillage arraché et des fleurs qui s’éteignent.

Dans l’éther frais et pur, et clair comme un couteau,
Le soleil romanesque en hésitant arrive,
Et sa paille dorée est comme un clair chapeau
Dont les bords lumineux s’inclinent sur la rive…

— Automne, quelle est donc votre séduction ?
Pourquoi, plus que l’été, engagez-vous à vivre ?
Bacchante aux froides mains, de quelle région
Rapportez-vous la pomme au goût d’ambre et de givre ?

Dans votre air épuré, argentin, élagué,
On entend bourdonner une dernière abeille.
Le soleil, étourdi et déjà fatigué,
Ne s’assied qu’un instant à l’ombre de la treille ;