Page:Noailles - Les Vivants et les Morts, 1913.djvu/91

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LA NUE EST RADIEUSE…

La nue est radieuse, et sa splendeur inerte
Etale un mol azur plein de fraîche langueur.
On voit glisser sur l’eau une péniche verte
Où traîne un filet de pêcheur.

La lumière d’argent assaille le feuillage
Avec une fureur de foudre et de frelons ;
Et puis midi s’enfuit, et le doux paysage
Médite dans la paix d’un soir limpide et long.

De blancs oiseaux, posés comme une ronde écume,
Dévalent mollement sur le lac aplani.
Septembre est un volcan qui flamboie et qui fume
Dans un ondoiement infini !