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les assemblées

Les assemblées

Le président du Sénat et le président de la Chambre des députés occupent le deuxième et le troisième rang dans l’État, le président du Conseil ne venant qu’en quatrième ; ainsi s’est établie la tradition protocolaire. Ces postes sont donc d’importance mais l’importance en est éphémère, ceux qui les occupent étant soumis à la réélection annuelle. On peut d’autant mieux s’étonner de la stabilité qui s’est révélée dans ces fonctions depuis 1876. Ch. Floquet, Henri Brisson, Paul Deschanel ont été pendant de longues années réélus à la présidence de la Chambre ; Le Royer, A. Fallières, Antonin Dubost, à celle du Sénat. D’autres titulaires passagers ont été à la Chambre : Casimir-Périer, Burdeau, Ch. Dupuy, Méline, Doumer ; au Sénat : Léon Say, Jules Ferry, Challemol-Lacour, Émile Loubet ; c’est-à-dire des hommes ayant joué par ailleurs un rôle en vue dans les affaires publiques. Il y a là comme une marque d’ordre et de discipline ; elle est remarquable car, à divers points de vue, ces qualités ont manqué parfois aux assemblées, principalement à la Chambre des députés. Il faut en accuser l’absence de traditions, la présence de minorités inconstitutionnelles, ennemies de la forme même du gouvernement, et enfin la trop grande extension du droit d’interpellation et du droit d’initiative en matière de législation. Le mal est ancien. Déjà en 1876 un écrivain politique signalait l’abus des propositions et se plaignait qu’ont eût « imaginé ce moyen commode de tout concilier sans rien engager : la prise en considération ». Les