Page:Olympe de Gouges - Le Cri du sage.pdf/4

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O ſexe, tout à la fois ſéduiſant & perfide ! O ſexe tout à la fois foible & tout-puiſſant ! O ſexe à la fin trompeur & trompé ! O vous, qui avez égaré les hommes qui vous puniſſent aujourd’hui de cet égarement par le mépris qu’ils font de vos charmes, de vos attaques & de vos nouveaux efforts ! Quelle eſt actuellement votre conſiſtance ? Les hommes ſe ſont inſtruits par vous-mêmes, de vos travers, de vos détours, de vos ruſes, de vos inconſéquences ; & ils ſont enfin à leur tour devenus femmes.

Peut-on voir ſans pitié la ſuffiſance de nos jeunes gens, la légereté de nos vieillards ſur des objets majeurs, & l’extravagance des hommes d’un âge raiſonnable, ſans ſe récrier contre le ſiécle & contre les mœurs.

On parle encore de vertus & de patriotiſme ; ſi l’un & l’autre exiſtoient véritablement, ils ſe ſeroient déjà fait ſentir aux États-Généraux ; tous les cahiers ſeroient confondus, & les trois Ordres enſemble ne pourroient dans cette réunion qu’opiner pour le bien public.