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LE LIVRE ET LE DOCUMENT

Les rubriques ont joué un rôle énorme dans le Décret de Gratien (Droit Canon).

233.5 Pagination.

1. Notion. — Les pages d’un livre, les feuilles d’un document sont numérotées et le numérotage est continu. But : a) moyen de maintenir l’ordre entre les éléments épars, d’éviter toute interversion des feuilles pendant la correction, le tirage, le brochage, la reliure ; b) moyen d’indiquer l’endroit exact de l’ouvrage quand les éléments sont rassemblés, de faciliter les renvois des tables de matières, les références d’une partie à l’autre des volumes, les citations.

La pagination se rapporte à la division des éléments matériels du livre (le support, le papier), tandis que la notation de divisions se rapporte à la division des éléments intellectuels.

2. Dispositifs de la pagination. — La pagination peut se présenter ce diverses manières : a) Haut ou bas des pages. b) Côté extérieur ou intérieur des pages ou en leur milieu. Il convient de placer la pagination sur les côtés extérieurs des pages. 1° À l’extérieur des pages, car ainsi on peut feuilleter seulement leur extrémité gauche et droite, en économisant l’opération d’avoir À les découvrir entièrement ; 2° au bas des pages, car on peut disposer du haut des pages et les parties en belle page peuvent elles-mêmes être paginées. c) Grand ou petit caractère, nombre encadré ou non, en grasse ou souligné. C’est une erreur de ne pas indiquer en très grands caractères la pagination des livres de fréquente consultation.

3. La mise en page. — Elle peut offrir différents dispositifs. 1° Continue, c’est-à-dire recto et verso. 2° Recto seulement, le verso étant blanc réservé a des annonces et par conséquent sacrifiable à volonté pour le découpage. 3° Disposition permettant l’isolement de chaque article par découpage et collage. 4° Renvoi de la suite d’un article plus loin dans le même fascicule. 5° Les livres classiques présentent souvent une page ou deux pages placées en regard quand elles se réfèrent à une même idée. (Ex. : Histoire. Géographie.)

À la pagination il est utile d’ajouter les indices du chapitrage et de les placer à droite et à gauche du titre courant. (Voir le dispositif adopté dans ce traité.)

4. Pagination continue ou fractionnée. Il y aurait avantage et simplification, dans les ouvrages scientifiques, à n’avoir qu’une seule pagination continue à travers un même ouvrage. Il n’y aurait pas d’exception pour les pages titres et les chapitres en belle page. Pour des raisons d’esthétique, la pagination en ce cas serait reportée au bas des pages.

Il y aurait peut-être avantage pour les tables et les citations à ce que les périodiques adoptent une pagination continue à travers les semestres et les années. Ce serait en même temps une statistique toute faite de leur matière imprimée.

On atteindrait de hauts chiffres, mais cela est secondaire. Ainsi la pagination du Börsenblatt donne, en 1905, la page 7449,

Lorsqu’il est publié des articles très longs, on a employé une pagination séparée simultanément avec une pagination continue.

Dans les publications à fascicules ou à partie distincte, on peut arriver à une pagination fractionnée sous cette forme : 14 — 27, ce qui signifie Fascicule 14, p. 27. Ex. : Traité d’hygiène de Chantemesse et Mosny. Cette notation serait reproduite seulement aux pages impaires.

La « Revue de l’Université de Bruxelles » a donné à ses articles deux paginations : celle de la revue et celle des articles. Ainsi se sont trouvés tout paginés les tirés à part. [1]

362 xxxxxxxxxxxxxxxxxx 8   9 xxxxxxxxxxxxxxxxxx 363

5. Pagination en chiffres arabes ou romains. — On s’est élevé contre les chiffres romains et on demande que la pagination aussi soit faite en chiffres arabes. S’il y a lieu de créer plusieurs séries, on pourrait les distinguer en faisant accompagner d’une lettre les séries secondaires.

Les belles pages (celles qui commencent le volume, les parties ou les chapitres) ne sont point paginées. On l’a demandé cependant pour faciliter la consultation, et on l’a indiqué parfois au pied de la page.

6. Subdivision de la page. — Il peut y avoir intérêt à pouvoir désigner avec sûreté la colonne, la partie de la page, la ligne, et même le mot.

a) La colonne se désigne par 1er. 2e, 3e, etc.

Pour les journaux on pourrait convenir d’indiquer la page, la colonne et le rang de l’article dans la colonne, soit p. (1 — 4 — 3).

b) La partie de page et par conséquent la partie de la colonne peuvent être indiquées en divisant la page en 5 par les lettres A  B  C  D  E écrites en marge.

Ainsi, dans Quérard, Supercheries littéraires et Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes.

c) Les lignes peuvent être désigné par leur ordre

  1. Dans le Grand Concours de Bruxelles 1888, on trouve formulé ces desiderata :

    « Rechercher un système uniforme de tomaison, de pagination, de titre courant.

    Quel serait le moyen de provoquer une convention entre les éditeurs et les imprimeurs de divers pays pour arriver : a) à adopter le système de la tomaison effectuée, c’est-à-dire à supprimer la tomaison fractionnée en parties de quelque nom qu’on les appelle ; b) à adopter le chiffrage continu, sans lacune, de la pagination, c’est-à-dire abandonner la coutume de ne point chiffrer les pages commençant par un titre de chapitre ou un titre explicatif, et à supprimer comme titre courant dans un livre le titre même de ce livre ou à le remplacer par les titres du contenu des chapitres ? »