Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/113

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songe tant d’autres choses. Te rappelles-tu ces conversations à la promenade où nous parlions de ce que nous ferions un jour ? Nous aimions à découvrir le chemin par lequel nous passerions ensemble ; nous formions deux fantômes que nous appelions nos deux vies et que nous embellissions. à plaisir ; nous les faisions aussi semblables que possible, comme deux frères qui aiment à s’habiller de même. Nous nous proposions des études communes, des travaux animés du même esprit, tendant à un seul but. Eh bien, de tous ces rêves, s’en est-il réalisé un. seul ? Ne nous trouvons-nous pas maintenant divisés de lieux, de goûts, de genres d’études, et, je le crains bien, jusque sur les idées les plus importantes ? Voudrions-nous même que nos châteaux en Espagne d’alors fussent debout maintenant ? Pour moi, je proteste que non.

Pauvres gens que nous sommes, nous ne savons pas si demain nous serons en vie, et nous voudrions savoir ce que nous ferons dans vingt ans d’ici ! nous ignorons quelles sont nos facultés, quel peut être notre bonheur, et nous voudrions nous tracer une route inflexible pour le développement des facultés dont nous ne sommes pas sûrs, pour atteindre un bonheur qui est pour nous un mystère D’ailleurs, considère ceci : A quoi sert de sa -

    latins sur la Prise de Jérusalem par Titus; M. Son père le destinait au notariat, ce qui ne plaisait guère an jeune écolier, mais il se consolait en pensant qu’il emploierait ses loisirs à son grand poème.