Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/124

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XX
À SA MÈRE.
Vendredi, 16 mai 1834.

Vous vous plaignez, pauvre maman, de ce que votre fils vous abandonne, de ce qu’il n’a plus avec vous de ces conversations cordiales, ces épanchements d’autrefois, de ce qu’il ne vous parle plus de ce qu’il fait ni de ce qu’il sent vous en êtes réduite à vous figurer que vous avez un fils, et vous n’avez, d’autre preuve de son existence que l’argent qu’il faut payer pour lui tous les mois. Je vous assure cependant que, s’il n’avait tenu qu’à lui de vous donner de meilleures preuves de son existence, il y a un mois, lors des affaires de Lyon, il l’aurait certes bien fait, et qu’il vous aurait tant caressée, tant embrassée, qu’il vous aurait t bien convaincue que vous avez un fils Frédéric. Mais cela ne m’a pas été permis. D’un autre côté, si presque toutes mes dernières lettres ont été adressées à papa, c’est qu’il s’agissait d’affaires ; j’avais des commissions à remplir, de l’argent à demander, et je sais que, dans ces occasions, c’est