Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/130

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gâteries ; vos douces paroles, quand je travaillais sur la table, près de vous ; vous consultant sur mes thèmes, quand j’étais en sixième, et vous lisant mes discours français, quand j’étais en rhétorique; les conseils et quelquefois les gronderies bienveillantes de papa, les longues courses faites-avec lui, ses histoires, que j’écoutais avec tant de plaisir ce frère aîné, qu’on ne voyait que de temps en temps, et sur lequel on était si inquiet ce petit frère, que j’ai vu naître et grandir les bons parents de Florence, qui venaient les uns après les autres nous faire voir combien ils étaient aimables et excellents. Enfin, un souvenir plus proche, notre délicieux voyage, le séjour de Rome, si imposant pour l’âme, le séjour de Florence, si doux au cœur. Voilà pour le passé L’avenir a aussi sa part, et l’espérance la lui fait je m’imagine qu’avec l’aide de Dieu, un jour viendra où je vous payerai en piété filiale et en satisfaction un peu de ce que vous avez dépensé pour moi de sollicitude, de force et de santé. Ces jouissances ne sont pas les seules je lis de beaux et de bons livres, et assez variés Dante, Manzoni, Walter Scott, Lamartine, Tite-Live, Pascal. A cette compagnie d’illustres morts, je joins la société d’assez bons vivants j’ai de bien chers amis, Henri, Lallier ; Chaurand, et d’autres avec lesquels je suis à cœur ouvert j’ai des personnes respectables qui me reçoivent bien, comme M. Ampère. J’entends de bons orateurs dans