Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/132

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


XXI
À M. ERNEST FALCONNET.
Paris, 21 juillet 1834

Mon cher Ernest,

J'ai reçu ces jours-ci deux visites qui m’ont fait grand plaisir : la première, celle de ton excellent père la seconde, c’est la tienne, c’est ton paquet de bonnes lettres, d’amicales et sincères causeries, comme je les désirais ; c’est l’épanchement de ton âme, l’histoire de toi-même ; histoire dont j’étais si curieux, épanchement dont j’avais soif : car vois-tu, mon ami, quand on a mis entre soi deux cents lieues, on craint toujours de se perdre de vue ; on redoute de ne plus se retrouver les mêmes au retour, on a peur de ne plus se comprendre, quand on se reverra ; et voila pourquoi je t’ai en quelque sorte interpellé ; voilà pourquoi j’ai frappé à la porte de tes sentiments les plus intimes ; j’ai voulu faire vibrer la corde la plus sacrée de ton cœur, pour voir s’il rendait toujours le même son que le mien.