Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/148

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vant un à un dans des murs étrangers où l’irréligion cherche à se recruter de nos pertes : eh bien, il s’agit, avant tout, que ces faibles oiseaux de passage se rassemblent sous un abri qui les protége, que ces jeunes intelligences trouvent un point de ralliement pour le temps de leur exil, que ces mères chrétiennes aient quelques larmes de moins à répandre, et que leurs fils leur reviennent comme elles les ont envoyés. H importait donc de former une association d’encouragement mutuel pour les jeunes gens catholiques, où l’on trouvât amitié, soutien, exemples. ; où l’on rencontrât, pour ainsi dire, un simulacre de la famille religieuse dans laquelle on avait été nourri où les plus anciens accueillissent les nouveaux pèlerins de la province et leur donnassent une espèce d’hospitalité morale. Or, le lien le plus fort, le principe d’une amitié véritable, c’est la charité ; et la charité ne.peut exister dans le cœur de plusieurs, sans s’épancher au dehors c’est un feu qui s’éteint faute d’aliments, et l’aliment de la charité, ce sont les bonnes œuvres. Pour vous, vous me semblez appelé à une mission encore plus généreuse. Vous êtes dans vos foyers vénérables, où votre enfance a grandi et que votre jeunesse n’a pas désertés, où vous respirez une atmosphère pure, où vous vivez au milieu des bonnes traditions et des bons exemples. La terre ne chancelle pas sous vos pieds ; vous n’avez pas besoin de, nouveaux efforts pour vous affermir votre foi